Au service des couples infertiles

L'assistance médicale à la procréation (AMP) représente un immense espoir pour les couples infertiles. Elle ne leur permettra néanmoins pas toujours de devenir parents. De nombreux progrès favorisent le taux de grossesse et d'accouchement d'enfants vivants : injection folliculostimulante à action prolongée, milieu de culture autologue, transfert d'un embryon unique au stade blastocyste.
PAR LE DR MARTINE GRANIER

L'infertilité* concerne 50 à 80 millions de personnes dans le monde, la femme (40 % des cas), l'homme (40 % des cas), le couple (20 % des cas). Les causes d'infertilité sont multiples. L'âge de la femme d'abord, qui dès 35 ans présente une fertilité naturelle et des taux de succès en AMP fortement diminués, l'âge de l'homme aussi, les maladies génétiques, certains traitements, des toxiques, des infections... Le tabac, l'excès d'alcool, les drogues, Fobesité ou la maigreur, sont des facteurs défavorables. Le bilan d'infertilité permet au médecin de proposer un parcours d'AMP adapté à la situation du couple : de la simple attente aux techniques les plus sophistiquées, sans oublier la stimulation ovarienne et la chirurgie. Les techniques les plus courantes sont intraconjugales (insémination artificielle, FLV), parfois il convient de recourir au don de gamètes (spermatozoïdes ou ovocytes). En France, selon la loi (art. L 2141-10 du Code de la Santé
publique), la mise en oeuvre de l'AMP doit être précédée de plusieurs entretiens du couple avec les membres de l'équipe du centre et acceptée par écrit après un mois de réflexion La stratégie initiale est remise en cause à chaque tentative. Toutes les tentatives sont prises ne charge par l'assurance maladie. La FIV, efficace, mais avec toujours une part de mystère et d'incertitude En cas de fécondation in vitro (FIV), la I" étape est la stimulation ovarienne contrôlée. Classiquement, elle repose sur l'injection, pendant au moins 7 jours d'une hormone, la FSH (produite par l'hypophyse), qui induit le développement de plusieurs follicules. C'est une étape fastidieuse pour la femme, car les injections doivent se faire chaque jour, à horaire précis. La commercialisation prochaine du 1er folliculostimulant à effet prolongé, la corifollitropine (Elonva®, en seringue pré-remplie, 2 dosages selon le poids de la femme) simplifiera cette phase incontournable de stimulation ovarienne. Elle permettra de remplacer les 7 injections de FSH, par une injection sous-cutanée unique, moins gênante pour la patiente et exposant moins au risque d'hyperstimulation, et avec un taux de naissance comparable et pas plus de malformations congénitales (étude Engage et Ensure"). Quand la stimulation a produit assez d'ovocytes matures, ceux-ci sont mis à féconder, au laboratoire, par des spermatozoïdes (frais ou congelés dans certaines situations). Tous les ovocytes ne sont pas féconds. Ceux qui le sont, les zygotes, ont deux noyaux. Ils deviennent ensuite des embryons qui se développent dans différents milieux de culture (milieux de synthèse, culture de cellules autologues). Endocell®, seul système de co-culture autologue embryonendomètre, prêt à l'emploi, permet d'apporter les facteurs de croissance nécessaires au développement embryonnaire in vitro. Les embryons sont transférés dans l'utérus de la mère quelques jours après la ponction. Lorsque le transfert a lieu à J5/J6, au stade de blastocyte (au lieu de J2/J3 avec plusieurs embryons), un embryon unique est transplanté, avec de meilleures chances de réussite (moins de grossesses multiples, à risque de prématurité et malformations). Les éventuels embryons "surnuméraires" (seulement ceux qui présentent des critères de développement suffisants), peuvent être congelés, ce qui multiplie les chances de réalisation du projet,de grossesse, en cas d'échec de la première tentative.
En cas d'infertilité, le meilleur conseil est de mettre en place une AMP le plus tôt possible.
*Un couple est dit infertile en cas de nonconception d'enfant après 1 an de rapports sexuels réguliers non protégés.
Pour en savok plus : www.agence-biomedecine.fr

Article extrait de Kiné Actualité 02/09/2010


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