Procréation médicale assistée : un pas de plus vers le naturel

Un nouveau pas vient d'être franchi dans la Procréation médicale assistée (PMA), grâce à une innovation mise au point par une société de biotechnologie de Sophia-Antipolis*. Un pas porteur d'encore plus d'espoir pour les couples infertiles.
Jusqu'à présent, les embryons obtenus après fécondation in vitro (FIV) (rencontre d'un ovocyte et d'un spermatozoïde), étaient cultivés en laboratoire sur un milieu de synthèse, purement liquide (un milieu de culture synthétique).

S'approcher du milieu naturel
Les chercheurs des laboratoires Génévrier ont travaillé à l'amélioration de cette culture d'embryons. En se posant cette question : « Le meilleur moyen de cultiver un embryon n'est-il pas de s'approcher au plus près du milieu naturel, en l'occurrence de l'endomètre (la muqueuse qui tapisse l'utérus, Ndlr) ». C'est ainsi qu'est né le concept Endocell®.
Le principe consiste à récupérer un peu d'endomètre de la candidate à la PMA via une biopsie, qui peut être réalisée chez le gynécologue. Ce prélèvement s'effectue en fin de cycle, entre le 6e et le 12e jour suivant l'ovulation, lorsque la muqueuse utérine est la plus épaisse. Il est ensuite envoyé au centre de thérapie cellulaire du laboratoire implanté à Sophia, où il sera congelé et conservé en attendant le cycle où la FIV sera mise en route. Le moment venu, la biopsie est alors décongelée et mise en culture, afin d'obtenir un tapis cellulaire d'endomètre sur lequel seront cultivés les embryons de J + 2 à J + 5.
« Sans reproduire parfaitement le milieu naturel, cette technique permet au moins d'obtenir une culture embryonnaire vraiment optimale qui favorise leur développement, en recréant un "dialogue" entre l'embryon et les cellules maternelles », expliquait le Pr Paul Barrière, médecin biologiste et directeur du pôle mère-enfant à Nantes, lors de la présentation d'Endocell® le 11 juin dernier.
Cette technique offrirait ainsi des perspectives d'amélioration des taux de grossesse et de transfert mono-embryonnaire. « À partir du moment où le pronostic d'implantation de l'embryon est meilleur, on peut diminuer le nombre des embryons transférés, et ceci sans perte de chances pour la patiente, et tout en évitant les risques d'une grossesse multiple », précise le Pr René Frydman, gynécologue-obstétricien à l'hôpital Antoine-Beclère de Clamart.
Autre avantage : la PMA est souvent vécue par la femme comme une sorte d'abandon. On lui vole quelques jours de développement embryonnaire. Le fait que l'embryon se développe sur les cellules maternelles, avant sa nidation dans l'utérus, éloigne un peu ce sentiment d'abandon et permet à la femme de se réapproprier la grossesse. « Il y a un côté maternage », résume Paul Barrière.

*Les Laboratoires Génévrier ont créé en 1998 sur le site de Sophia-Antipolis « Génévrier Biotechnologie », le premier centre européen de culture cellulaire à visée thérapeutique.

Extrait "Nice Matin" le 20 juin 2010


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